"Je n'ai pas le temps."

Ce que j'ai appris sur la gestion et la perception du temps

Crédit illustration : Florian Lissot

"Je n'ai pas le temps." En voilà une tournure que j'employais régulièrement, sans trop savoir pourquoi.

Depuis quelques semaines, je fonce sur les articles (Medium regorge d'articles sur le sujet) et documentaires (notamment "Speed, à la recherche du temps perdu", voir en pied de post) qui traitent de la gestion du temps. Après en avoir digéré les différentes informations, parfois contradictoires, j'en suis arrivé à quelques conclusions personnelles.

Que ce soit en réponse à quelqu'un, quand on planifie une activité ou quand on envisage de se lancer dans un nouveau projet, le fameux "Je n'ai pas le temps" est souvent de la partie. Comme une réponse courte et absolue qui couperait court à toute discussion. Comme un argument nécessaire et suffisant pour ne pas poursuivre la discussion ou la réflexion.

Cette réponse tiendrait donc principalement de la facilité, pour éviter de rentrer dans des justifications plus ou moins houleuses. Pour aller plus loin (trop loin ?), on pourrait même -mal- l'interpréter. "J'ai beaucoup de choses à faire, contrairement à toi." Mais là, je tire peut-être un peu trop sur la ficelle ?

Une journée est composée de 24 heures, lesquelles contiennent 60 minutes de 60 secondes chacune. Avec 365,242190517 jours, on obtient une année. Bref, on a tous le même "temps". Comment pourrait-on alors dire qu'une personne a plus de temps qu'une autre ? Il semblerait que l'on ne parle pas ici de "temps" en tant que quantité, mais plutôt de gestion de ce temps.
Arrive alors la notion de priorité. Et, à mon sens, c'est ce qui se cache derrière 95% des "Je n'ai pas le temps". Ce n'est pas que l'on n'a pas de temps pour faire une tâche A, mais plutôt que l'on a décidé d'allouer ce temps à la tâche B. La tâche B a été considérée comme prioritaire sur la tâche A.
Pour ces raisons, je m'efforce de ne plus dire que "Je n'ai pas le temps" (ça a bien dû m'échapper au moins une fois !), mais que "Ce n'est pas ma priorité".
D'une part, c'est plus honnête sur les raisons du refus. Il n'y a pas de honte à mettre des priorités. Au contraire, ce serait la preuve d'une forme d'organisation.
D'autre part, cela permet de mettre le doigt sur les paramètres qui ont engendré cette prise de décision, de fixer ces priorités. Ces paramètres sont-ils pertinents ? Bien évalués ? Pondérés correctement ? Évidemment, je pousse le raisonnement bien trop loin pour une décision de tous les jours. Mais les concepts sous-jacents me semblent être les mêmes.

Étonnamment, il semblerait que pour avoir plus de temps libre, il faille ajouter une tâche à la longue liste de celles déjà prévues. Cette tâche magique ? Ne rien faire. Si, si, c'est une tâche. Le fait de se forcer à ne rien faire 10 à 15 minutes par jour permettrait au cerveau de trier les infos qu'il a ingurgitées. Quelques minutes pour prendre le contrôle du temps ! Les idées sont moins embrouillées, plus organisées. Mais attention, pour que cela fonctionne, il faudrait ne penser à rien d'autre que vos inspirations et expirations.

Bref, arrêtons les "Je n'ai pas le temps".